Service de mise en relation, nous ne sommes pas un cabinet d’avocats et ne donnons aucune consultation juridique.
Protection

Divorce et violences conjugales

Quand il y a des violences, la priorité n’est pas le divorce : c’est votre sécurité et celle de vos enfants. La loi permet d’obtenir une protection rapide du juge, avant toute procédure de divorce, et elle écarte la voie amiable quand le consentement n’est pas libre.

En danger immédiat : appelez le 17 (police ou gendarmerie), ou envoyez un SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler.

Pour être écoutée ou écouté : le 3919, gratuit, anonyme, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. Il n’apparaît pas sur les factures de téléphone.

Signalement en ligne, avec un échange par tchat avec des policiers ou gendarmes formés : arretonslesviolences.gouv.fr.

L’ordonnance de protection

Lorsque des violences exercées au sein du couple, y compris par un ancien conjoint, partenaire ou concubin, mettent en danger la personne qui en est victime ou un ou plusieurs enfants, le juge aux affaires familiales peut délivrer en urgence une ordonnance de protection (article 515-9 du code civil). Il n’est pas nécessaire d’avoir déposé plainte, ni d’avoir engagé un divorce.

Le juge la délivre s’il estime vraisemblables les violences alléguées et le danger auquel la victime ou les enfants sont exposés (article 515-11). Il statue dans un délai maximal de six jours à compter de la fixation de la date de l’audience. Il peut notamment :

  • interdire à l’auteur des violences de recevoir ou rencontrer la victime ou certaines personnes, et de paraître dans certains lieux ;
  • lui interdire de détenir ou porter une arme ;
  • attribuer le logement du couple à la victime, en principe, même si elle a bénéficié d’un hébergement d’urgence ;
  • se prononcer sur l’exercice de l’autorité parentale, les droits de visite et la contribution aux charges et à l’entretien des enfants ;
  • autoriser la victime à dissimuler son adresse, en élisant domicile chez son avocat ;
  • prononcer l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

Les mesures sont prises pour une durée maximale de douze mois ; elles peuvent être prolongées si une demande en divorce ou en séparation de corps a été déposée, ou si le juge a été saisi d’une demande relative à l’autorité parentale (article 515-12). Le tribunal judiciaire de nombreuses villes dispose d’un pôle spécialisé en matière de violences intrafamiliales, indiqué sur nos pages villes, par exemple à Paris ou Lyon.

Divorcer après des violences

  • Pas de divorce amiable par défaut. Le consentement mutuel suppose deux volontés libres et une négociation équilibrée ; c’est rarement possible sous emprise. Votre avocat vous dira si un divorce judiciaire est préférable.
  • Le divorce pour faute peut se fonder sur des violences, un fait unique suffisamment grave pouvant suffire (conditions et preuves). Certificats médicaux, plaintes, mains courantes et attestations sont des preuves recevables.
  • L’assignation en divorce doit mentionner l’existence d’une ordonnance de protection en cours (fiche F35837).
  • Les enfants : le juge prend en compte les pressions ou violences, physiques ou psychologiques, exercées par un parent sur l’autre pour statuer sur l’autorité parentale et la résidence (article 373-2-11). Il peut organiser le droit de visite dans un espace de rencontre ou le suspendre.

Des aides gratuites

Les centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), les bureaux d’aide aux victimes des tribunaux et les associations d’aide aux victimes accompagnent gratuitement, y compris dans les démarches judiciaires. Leurs coordonnées locales figurent sur nos pages villes. La victime bénéficiaire d’une ordonnance de protection peut obtenir l’aide juridictionnelle sans condition de résidence (fiche F18074).

Sur ce site, le formulaire de demande ne vous demande jamais de décrire les faits. Vous en parlerez directement à l’avocat, tenu au secret professionnel. Si vous craignez que votre conjoint consulte votre téléphone ou votre messagerie, utilisez un appareil sûr.

Questions fréquentes

Faut-il porter plainte pour obtenir une ordonnance de protection ?

Non, la délivrance n’est pas conditionnée à l’existence d’une plainte pénale (article 515-10 du code civil). Une plainte reste un élément utile.

Puis-je partir avec les enfants ?

En cas de danger, mettez-vous à l’abri avec vos enfants et appelez le 17. Saisissez ensuite rapidement le juge, qui statuera sur leur résidence. Un avocat ou un CIDFF peut vous aider à le faire.

Les violences psychologiques sont-elles prises en compte ?

Oui, la loi vise les violences physiques et psychologiques, dans l’ordonnance de protection comme dans les critères relatifs aux enfants.

Être accompagné par un avocat

Une fois en sécurité, un avocat en droit de la famille de votre ville peut vous contacter. Aucun fait n’est demandé dans le formulaire.

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Sources