Service de mise en relation, nous ne sommes pas un cabinet d’avocats et ne donnons aucune consultation juridique.
Divorce amiable

Divorce par consentement mutuel : les étapes avec deux avocats

Quand les deux époux sont d’accord sur le principe du divorce et sur toutes ses conséquences, ils peuvent divorcer sans passer devant un juge. La convention est rédigée par deux avocats, signée après un délai de réflexion, puis déposée chez un notaire.

À quelles conditions ?

Le divorce par consentement mutuel suppose un accord complet : sur le fait de divorcer, mais aussi sur la résidence des enfants, la pension alimentaire, une éventuelle prestation compensatoire, le sort du logement et le partage des biens. Les époux n’ont pas à expliquer pourquoi ils se séparent.

Il n’est pas ouvert dans deux cas. D’abord quand l’un des époux est sous mesure de protection (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice, habilitation familiale, mandat de protection future en cours) : le divorce passe alors obligatoirement par le juge aux affaires familiales. Ensuite quand un enfant mineur, informé de son droit d’être entendu, demande à l’être : la convention doit alors être homologuée par le juge (voir plus bas).

Deux avocats, pas un. Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2017, chaque époux doit être assisté de son propre avocat (articles 229-1 et 229-2 du code civil), et les deux avocats ne peuvent pas appartenir à la même structure. C’est ce qui garantit que chacun signe en connaissance de cause. Pour comprendre pourquoi, lisez Un seul avocat pour les deux époux ?

Les 5 étapes du divorce amiable sans juge

  1. Chaque époux choisit son avocat

    Dès le début, l’avocat fait signer une convention d’honoraires qui fixe son prix et ses missions : rédaction de la convention, nombre de rendez-vous, mise à jour de l’état civil. Avec de faibles ressources, l’aide juridictionnelle peut couvrir tout ou partie de ses honoraires.

  2. Les avocats rédigent la convention avec vous

    Chaque avocat recueille les informations de son client (revenus, patrimoine, organisation des enfants) et négocie avec son confrère. Quand il y a un bien immobilier, un notaire établit l’état liquidatif en amont.

  3. Le délai de réflexion de 15 jours

    Chaque avocat envoie le projet de convention à son client par lettre recommandée avec avis de réception. La convention ne peut pas être signée avant l’expiration d’un délai de 15 jours à compter de la réception (article 229-4 du code civil).

  4. La signature à quatre

    Les deux époux et leurs deux avocats signent ensemble, en au moins trois exemplaires : un pour chaque époux, un pour le notaire. Des exemplaires supplémentaires servent à l’administration fiscale ou à la Caf si la pension passe par l’intermédiation financière.

  5. Le dépôt chez le notaire, puis l’état civil

    Dans les 7 jours suivant la signature, un avocat transmet la convention au notaire choisi. Le notaire contrôle les mentions obligatoires et le respect du délai de réflexion, puis la dépose au rang de ses minutes dans les 15 jours : le divorce prend alors effet. La mention du divorce est ensuite portée en marge des actes de mariage et de naissance.

Le notaire ne juge pas l’équilibre de l’accord : il vérifie la forme. C’est pourquoi le rôle de chaque avocat, qui vérifie que son client ne renonce pas à un droit sans le savoir, est central. Ce divorce ne peut pas faire l’objet d’un appel.

Ce que contient la convention

La convention de divorce est un contrat. Sous peine de nullité, elle mentionne notamment (article 229-3 du code civil) :

  • l’identité des époux et de leurs enfants, ainsi que le nom et l’adresse professionnelle des deux avocats ;
  • l’accord des époux sur la rupture du mariage et sur ses effets ;
  • les modalités du règlement complet des effets du divorce : résidence des enfants, droit de visite et d’hébergement, pension alimentaire, prestation compensatoire, sort du nom d’usage ;
  • l’état liquidatif du régime matrimonial, en la forme authentique devant notaire s’il porte sur un bien immobilier, ou la déclaration qu’il n’y a rien à partager ;
  • la mention que l’enfant mineur a été informé de son droit d’être entendu par le juge et qu’il ne souhaite pas l’être.

Si le logement familial est en jeu (rachat de la part de l’autre, vente, crédit en cours), lisez Partage des biens et de la maison. Si vous avez des enfants, la page Garde des enfants détaille les options de résidence.

Si un enfant demande à être entendu

Les parents doivent informer chaque enfant mineur capable de discernement de son droit d’être entendu par un juge. S’il le demande, même tardivement et jusqu’au dépôt chez le notaire, la procédure bascule vers un divorce par consentement mutuel judiciaire : la convention est soumise au juge aux affaires familiales, qui entend l’enfant puis les époux, et l’homologue s’il estime qu’elle préserve les intérêts de chacun. Dans ce cas précis, les époux peuvent choisir un avocat commun (article 250 du code civil). Pour en savoir plus : L’audition de l’enfant par le juge.

Combien coûte un divorce amiable ?

Chaque époux règle son propre avocat, au prix fixé dans sa convention d’honoraires. S’y ajoute l’émolument du notaire pour le dépôt, fixé à 41,20 € HT, soit 49,44 € TTC (service-public.gouv.fr, fiche F10567). En présence d’un bien immobilier, l’état liquidatif chez le notaire et le droit de partage s’ajoutent. Les ordres de grandeur et ce qui fait varier le prix sont détaillés dans Prix d’un divorce amiable.

La convention fixe la répartition des frais entre les époux. Elle ne peut pas mettre plus de la moitié des frais à la charge d’un époux bénéficiaire de l’aide juridictionnelle.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un divorce par consentement mutuel ?

Le seul délai fixé par la loi est le délai de réflexion de 15 jours, auquel s’ajoutent le délai de transmission au notaire (7 jours) et celui du dépôt (15 jours). La durée réelle dépend surtout du temps nécessaire pour se mettre d’accord et réunir les pièces, en particulier avec un bien immobilier. Voir les délais réels.

Peut-on revenir sur la convention après le dépôt ?

La convention déposée a force exécutoire. Certaines mesures, notamment celles qui concernent les enfants, peuvent être révisées plus tard par le juge en cas de changement de situation. La contestation de la convention elle-même obéit à des règles strictes : un avocat peut vous dire ce qui est possible.

Le divorce sans juge est-il reconnu à l’étranger ?

Pas toujours. Si vous avez besoin de faire reconnaître votre divorce dans un autre pays, il faut vérifier au préalable que ce pays accepte un divorce non prononcé par un juge. Voir Divorce international.

Et si nous changeons d’avis en cours de route ?

Jusqu’au dépôt chez le notaire, chaque époux peut renoncer à la voie amiable et saisir le juge d’une demande en divorce ou en séparation de corps.

Vous êtes d’accord tous les deux ?

Chacun choisit son avocat. Un avocat en droit de la famille de votre ville peut vous contacter pour vous expliquer la démarche et ses honoraires.

Faire ma demande

Sources

  • Code civil, articles 229-1 à 229-4 (divorce par consentement mutuel par acte sous signature privée) et 250 à 250-3 (consentement mutuel judiciaire) : Légifrance
  • Divorce par consentement mutuel, fiche F10567, vérifiée le 04/02/2025 : service-public.gouv.fr
  • Faut-il avoir un avocat pour divorcer, fiche F35800, vérifiée le 01/10/2025 : service-public.gouv.fr

Page d’information générale, mise à jour le 04/11/2026. Elle ne constitue pas une consultation juridique.